CCR: SOMMES-NOUS AU DERNIER
QUART D'HEURE?
chers collegues
Encore une fois, et comme toujours à
l'occasion des voeux de Nouvel An, la rumeur amortie et lointaine d'un refrain
vieux et fatigué: le C.C.R. est encore dans le petrin !
Mais, au fond, qui sont-ils, que font-ils, que veulent-ils ces
casse-pieds du C.C.R., au caractère querelleur et aux prétentions insensées
(voir ci-dessous), qui viennent régulièrement exhiber leur histoire à des
collègues qui en ont dejà suffisamment avec leur petits et leur grands
problèmes?
Nous y voilà: nous avons l'impression, nous
du C.C.R., d'avoir manquè depuis de nombreuse années à un devoir élémentaire:
celui de nous présenter directement, avec le maximum de clareté, à tous nos
collègues. Jusqu'à maintenent nous nous sommes contentés de participer aux
réunion des délégués syndicaux, laissant le soin aux bulletins officiels de la
Commission de vour informer sur notre compte. Avec ces quelques lignes nous
voulons essayer, bien que tardivement, de remédier aux erreurs du passé. Nous
ne prétendons pas vous faire changer d'opinion, nous espérons simplement
qu'après cette lecture votre jugement sera fondé sur une meilleure connaissance
du problème.
qui sommes-nous ?
Chacun sait que le Centre Commun de Recherche
est subdivisé en quatre établissements (Geel, Ispra, Karlsruhe et Petten), et
que ce centre constitue l'instrument avec lequel la Commission exerce
"l'action directe" de recherche (art. 8 du Traité instituant
l'Euratom). La gestion directe des activités de recherche a posé des problèmes
particuliers, étant donné la particularité des travaux à effectuer. L'autorité
statutaire a cru résoudre ces problèmes en créant un être hybride, le
"fonctionnarie scientifique et technique", et a cherché par tous les
moyens de l'isoler le plus possible du reste du personnel des Communautés.
Pour nous ont étés créés un budget séparé, un réglement financier séparé, un
titre spécial (le VIII) dans le Statut, un autre (le VI) dans le Régime
applicable aux autres agents. A côté de quelques avantages que nous avons eus
par rapport aux conditions de travail des collègues administratifs (quelques
avantages pécuniaires et quelques facilités de changement de carrière) nous
nous sommes trouvés devant un inconvénient considérable dû a notre isolement
par rapport à la grande masse de nos collègues.
De plus nous sommes liés à un budget qui nous
livre tous les ans à la fantaisie de la politique capricieuse du Conseil des
ministres.
Ce qui est pire encore, ce
"caractère particulier" du C.C.R. s'est prolongé jusque dans la
gestion courante, au point d'ignorer les règles normales de gestion du
personnel et le respect élémentaire des lois sur le travail. On a ainsi abusé
des possibilités offertes par le Régime des autres agents pour recruter
massivement des "agents d'établissement" et des "agents
locaux" qui exercent des fonctions normalment dévolues à des
fonctionnaires. En particulier à Ispra, le plus grand des 4 établissements, on
est allé jusqu'à recourir à l'utilisation de main-d'oevre sous contrat de
prestation de service: ainsi, il est fréquent de rencontrer côte à côte quatre
collègues qui effectuent les mêmes tâches avec les mêmes titres, mais qui sont
soumis à quatre régimes totalement différents tant pour le salaire que pour les
conditions générales d'emploi (et en particulier pour la sécurité de l'emploi).
Pourquoi sommes-nous
en crise ?
Vers les années 50 les groupements
industriels européens se sont trouvés obligés d'affronter de manière urgente le
problème de l'approvisionnement en energie. Simultanément, les Etats Unis
décident de divulguer une partie de leurs connaissances dans le domaine de
l'utilisation pacifique de l'énergie nucéaire, leur permettant ainsi d'ouvrir
des nouveaux débouchés à leurs investissements. Ainsi naquit l'Euratom pour
permettre aux industries européennes de ne pas grever leur propre bilan par les
dépenses importantes de ce premier investissement de base (théorie du juste
retour).
Au cours des années suivantes l'évolution de
la situation à conduit a un revirement complet de cette volonté de coopération
communautarie. Quelques industries, intéressées à la construction des centrales
nucléaires, ont commencé à développer leur propre production (en général sur la
base de brevets américains); dans le même temps certains états membres
atteignaient un développement économique leur permettant de poursuivre une
politique de prestige et de développer pour leur propre compte des projets
nationaux en concurrence avec les projets communautaires. Etant donné que les
décisions de programme sont prises par le Conseil des ministres, celui-ci,
poussé par ces interêts divergents, ne pouvait que poursuivre une politique de
désengagement, et donc réduire peu à peu les programmes d'Euratom, en les
vidant de toute substance.
Mais, une fois l'Euratom
éliminé en tante que concurrent aux intérêts nationaux et privés, il n'en reste
pas moins que le C.C.R. demeure en tant que réalité institutionelle, technique
et humaine: 10 milliards de francs belges investis dans des laboratoires
multidisciplinaires parfaitement équipés, disposant d'équipes communautaires
bien amalgamées, possédant une longue expérience et représentant un potentiel
humain de 2000 chercheurs, techniciens, ouvriers et personnel administratif.
Un tel capital humain ne peur être eliminé
d'un simple trait de plume.
CE QUE NOUS VOULONS
Dire simplement que nous voulons conserver
notre emploi à tout prix en se basant sur la définition de "fonctionnaire
à vie", serait évidemment une affirmation rétrogade et simpliste. De plus
elle ne représentarait pas les exigences profondes du personnel du C.C.R..
Cellec-ci peuvent se résumer comme suit:
1. Nous voulons travailler
selon notre compétence, notre capacité et notre expérience
Nous voulons accomplir un travail que ne nous
déqualifie pas. Nous ne voulons pas n'importe quel travail et moins encore un
salaire pour ne pas travailler. "On" prétend, pour justifier la
crise, qu'il n'y a plus besoin de recherche nucléaire, que l'industrie est
capable d'effectuer toute seule les recherches necessaires. Ceci est faux.
Nous sommes prêts à prouver que l'industrie n'est ni capable ni interessée à
effectuer elle même certains types de recherche nucléaire; il suffit de faire
la liste des recherches qui sont effectuées actuellement au C.C.R. sur demande
des industriels.
Mais d'autre part le besoins de recherche ne sont pas limités au
domaine nucléaire. Si nous examinons les besoins réels de nos populations,
nombreuses sont les exigences fondamentales qui nécessitent une importante
activité de recherche: de la défense de l'environnement aux transports de
masse, de la météorologie à la réduction du gaspillage des matières premières,
et ainsi de suite. Le personnel du C.C.R. avec ses competences et les
équipements dont il dispose est parfaitement adapté à nombreux de ces travaux
car, bien que les objectifs soient differents de ceux qui ont étés poursuivis
jusqu'à maintenant, la méthodologie et l'infrastructure technique nécessaire
sont toujours les mêmes. Les chercheurs du C.C.R. veulent les utiliser et
orienter une partie de leurs travaux dans ces domaines nouveaux, même si
ceux-ci ne cadrent pas avec la logique du profit et du développement de la
consommation.
Démanteler une équipe de
recherche représente non seulement une erreur mais un délit.
2. Nous voulons un travail
justement remunere, sans discrimination et sans exploitation
Le fait d'attribuer au personnel un contrat
de travail différent selon sa nationalité (ce qui est le cas des agents
d'établissement et des agents locaux) continue une injustice sociale flagrant,
et présente une contradiction absolue avec l'idéal Européen qui devrait
inspirer notre administration. La Commission se comporte comme le pire des
patrons divisant le personnel en une multitude des fractions: budget de
fonctionnement – budget de recherche; siège – établissements du C.C.R.;
fonctionnaires – autres agents: ce qui entrave l'unité du personnel et
affaiblit son pouvoir de revendication.
Enfin nous voulons que cesse
le système scandaleux des prestations de service, qui, entre autre, fait
gaspiller par la Communauté des millions chaque année, millions qui vont finir
dans le poches de quelques intermediaires.
pour conclure
Nous avons abusé suffisamment de votre patience; nous espérons vous
avoir exposé l'essentiel de nos problèmes assez clairement. Nous ne vous
demandons pas une solidarité sentimentale, comme si nous étions les affamés du
Banghla-Desh ou les victimes d'un tremblement de terre; nous voulons simplement
vous inviter à reflechir si, aprés tout, notre lutte n'est pas aussi un peu la
vôtre. Vous vous êtes battus, en masse, le mois dernier avec détermination
contre le manque de parole du Conseil. Pour nous le Conseil manque à sa parole
depuis 5 ans. Il est resté sourd aux déclarations solennelles des sommets
de La Haye et de Paris sur la recherche communautaire. Il cherche aujourdui à
nous éliminer parce que les résultats de notre travail peuvent aller à
l'encontre de certains intérêts; qui, demain, pourrait être touché à son tour?
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Les organisations
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