Lettre au Président du Conseil de Ministres

 

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Les représentants statutaires et syndicaux du personnel de tous les établissements du Centre Commun de Recherche et des contrats d'association de l'EURATOM ont l'honneur de vous soumettre certaines réflexions qui reproduisent le plus fidèlement possible l'état d'esprit du personnel. Celui-ci n'est pas insensible devant la situation actuelle de la recherche communautaire et devant les conséquences d'un manque d'accord lors de la réunion du Conseil de Ministres du 28 novembre que vous aurez l'honneur de présider.

 

1. L'analyse de toute société moderne hautement industrialisée montre la nécessité d'une base scientifique et technologique vaste et bien organisée. L'Europe, si elle veut maintenir la position qu'elle occupe dans le monde n'échappera pas à cet impératif.

 

Il est matériellement impossible à chaque pays de développer individuellement, avec une efficacité suffisante, une activité de recherche dans tous les domaines.

D'où la nécessité de réunir les efforts dans une recherche communautaire.

Le Traité de Rome, à travers les activités de recherche confiées a l'EURATOM a constitué un premier essai en ce sens.

 

2. L'absence  d'une volonté politique commune et les difficultés rencontrées dans le passé pour réunir l'unanimité de tous les partenaires, ont abouti à une crise profonde, due principalement à la diversité des intérêts nationaux.

 

Pour sortir de cette impasse il est nécessaire d'introduire de nouveaux critères:

 

- possibilité d'effectuer des recherches n'intéressant qu'un nombre limité de pays membres

- ouverture du Traité de Rome vers des domaines d'activité non nucléaires, dans la mesure où le potentiel existant le permet.

 

3. Les critiques qui ont été formulées à l'égard de l'EURATOM concernent plus les aspects politiques de l'Institution que l'efficacité des équipes de recherche.

 

Le personnel scientifique affirme que, dans le cadre qui lui a été imparti, il n'a jamais failli à sa tâche.

 

De plus, les équipes communautaires, en groupant l'expérience de chercheurs d'origine et formation différentes, permettent de faire profit d'un vaste potentiel d'idées.

Néanmoins, le rendement des différents établissements pourrait être augmenté par un assouplissement des structures administratives actuellement trop rigides.

 

4. Le personnel se demande avec anxiété quelles seront les conséquences d'un manque d'accorde lors du prochain Conseil de Ministres.

 

Toute activité risque en effet, au début de l'année prochaine, de se trouver interrompue. La sécurité d'emploi, et même le salaire du personnel, est aussi en danger.

 

5. Un échec de la collaboration européenne dans le cadre du Centre Commun de Recherche aurait des conséquences fatales sur toute tentative future d'union des moyens de recherche communautaire.

 

Un tel échec rendrait en outre irrémédiablement inutile le potentiel matériel et humain représenté par dix ans de travail en commun.

 

Nous avons l'honneur, Monsieur le Président, de vous demander d'intervenir personnellement afin que ces éléments soient discutés dans le prochain Conseil de Ministres de la Communauté.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de notre haute considération.

 

 

Pour les Comités du Personnel

 

COLLING

(Geel-Mol)

LAFLEUR

(Fontenay-aux-Roses)

MANES

(Karlsruhe)

MAUREL

(Petten)

 

 

 

 

Pour l'Inter-association (Ispra)

 

CECCONE

(SILARN)

 

DUFRESNE

(USEI)

LANZA
(USEI)

SCHAEFLEIN

(FFPE)